L’édito du maire

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Votre maire, vice-président du conseil départemental des Hauts-de-Seine et vice-président du territoire Paris Ouest La Défense

Christian Dupuy

Sommes-nous condamnés à assister passivement au délitement de ce qui constitue l’équilibre de toute vie en société, ce pacte tacite qui nous relie, au-delà de nos différences, et qui nourrit le sentiment d’appartenance à une même communauté humaine, ce « contrat social » défini par Jean-Jacques Rousseau ?
L’actualité a quelque chose de désespérant. Il semble que sur les cinq continents nos frères et soeurs en humanité n’aient de cesse de se diviser, de s’opposer, de se confronter, de se combattre et que les haines soient désormais le principal moteur par lequel chacun parvient à se définir !
Le moindre des paradoxes n’est pas que ce phénomène s’auto-nourrit par ce qu’il est convenu d’appeler les réseaux « sociaux » et qui deviennent de plus en plus le déversoir de tous les ressentiments, de toutes les intolérances, des harcèlements, de l’expression désinhibée du racisme, de l’antisémitisme, du sexisme, de l’homophobie, des théories complotistes les plus extravagantes…
Les violences auxquelles nous assistons, médusés, samedis après samedis depuis des mois à l’occasion des rassemblements des « gilets jaunes », dont on se demande si l’on en verra un jour la fin, doivent-elles être considérées comme un mode d’expression acceptable auquel il faudrait s’habituer, se résigner faute de s’en satisfaire ?
Eh bien non ! Nous ne devons ni ne pouvons renoncer à l’empathie qui doit imprégner les relations entre les êtres civilisés au sein d’une société policée. C’est ce que nous nous efforçons de faire vivre à la modeste échelle de notre commune, malgré le spectacle des individualismes croissants, malgré les restrictions budgétaires, malgré le vent mauvais charrié par l’actualité du moment.
En parcourant les pages de ce magazine vous constaterez que l’enthousiasme, l’échange, l’amitié, le don de soi, l’équité, la volonté de cheminer ensemble et de progresser par le partage existent et ne demandent qu’à croître.
Les événements portés par le théâtre de Suresnes Jean Vilar, le cinéma Le Capitole, le MUS, la Médiathèque ou à l’initiative de citoyens de Suresnes comme Lucie Cahour, la libraire de Lu&Cie, les comédiens amateurs du festival Suresnes en scène, le Rotary club, les organisateurs du festival Blues sur Suresnes, les membres des CCQ ou du CCJ, les clubs sportifs, les animateurs de l’Amap de Suresnes ou encore tous les bénévoles qui font vivre les associations suresnoises, démontrent autant que de besoin que les valeurs humaines de partage, de fraternité, d’entraide n’ont pas disparu.
Enfin, mars à Suresnes c’est aussi, à travers le Forum des femmes, le moment de rappeler que l’humanité comporte une part de féminité qui bien que majoritaire a trop longtemps été reléguée à un rôle de soumission injuste et inacceptable, que c’est encore hélas le cas sous d’autres latitudes et que, même dans nos sociétés, dites développées, des freins à une égalité réelle doivent encore être déplorés.
Alors, si nous décidions de rappeler par nos actes et nos paroles que nous ne renonçons pas à vivre en harmonie les uns avec les autres, à rejeter les préjugés et les discours de haine et d’affrontement, à prendre le temps de nous écouter, de nous comprendre et continuer à tisser ce lien qui nous permet de constituer une société unie et solidaire ?
Et si Suresnes montrait la voie ?

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