Un mois d’actions contre les discriminations

mars 2022

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En mars un programme d’événements variés traduit la volonté de la Ville d’élargir sa politique pour l’égalité et marque le lancement d’une consultation des habitants.

Textes : Stephane Legras, Arnaud Levy, Thierry Wagner

Photos: Mathilde Gardel

Penser plus large. C’est l’orientation que la Ville veut donner à sa politique pour l‘égalité. Au fil du cycle vertueux qui a suivi la signature, en 2011, de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, Suresnes est devenue une référence en matière d’action locale pour cette grande cause.

La Ville souhaite désormais prolonger cet engagement en mettant en place sur le mandat un plan global de lutte contre toutes les formes de discrimination notamment le racisme, le handicap, le sexisme, l’homophobie et la transphobie.

Mobilisation

Ce mois de mars, traditionnellement dédié aux actions autour de la Journée internationale des droits des femmes, est donc l’occasion de déployer une série de rendez-vous de sensibilisation. Il s’agit d’abord de faire comprendre ce qu’est une « discrimination », d’appréhender ses caractères communs au-delà des formes plurielles qu’elle peut revêtir.

Ce rendez-vous de l’Egalité voit la mobilisation d’acteurs divers: services municipaux, associations, équipes pédagogiques des établissements scolaires et acteurs culturels, dont les initiatives constituent le fil rouge de ce magazine.

Et, car il n’est de bonne politique qu’on ne s’applique à soi-même, cette démarche de sensibilisation sera aussi dirigée en interne, vers les agents municipaux. Suresnes se distingue en effet par les résultats concrets d’une politique RH qui se veut exemplaire sur ce sujet.

Cette ambition illustre aussi l’ADN participatif de ce mandat municipal avec le lancement d’une consultation sur la manière dont les Suresnois envisagent la question des discriminations. L’objectif : prendre la mesure de la réalité du vécu des habitants, recueillir leurs besoins et leurs suggestions.

 

Répondez à l’enquête La Ville lance une consultation sur les discriminations auprès des Suresnois. Avez-vous déjà été victime d’une discrimination ? De quelle forme ? Dans quel cadre ? Quelle action proposeriez-vous afin de lutter contre les discriminations ?

Le questionnaire est ouvert à tous les habitants sur : suresnes.fr

3 Questions à

NASSERA HAMZA Adjointe au Maire, déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes, la Lutte contre les discriminations, et l’Accès au droit

Quelle orientation Suresnes veut-elle donner à sa politique pour l’égalité ?

Sous le mandat de Christian Dupuy et l’impulsion de Gunilla Westerberg-Dupuy, un travail en profondeur a fait de la politique municipale de Suresnes une référence pour l’égalité femmes-hommes. En interne, grâce à l’action de Béatrice de Lavalette, la Ville se distingue aussi comme l’atteste le renouvellement du label Egalité attribué par l’Afnor. Nous voulons construire sur ce très bel héritage en élargissant notre politique à toutes les formes de discriminations et elles sont hélas nombreuses.

Je remercie d’ailleurs le maire Guillaume Boudy de m’avoir nommée à cette belle délégation et d’avoir ajouté à l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations et l’accès au droit. Car elle participe à l’égalité des chances. C’est le sens de la programmation de ce Mois de l’égalité qui mobilise de nombreux habitants et acteurs de la ville. Et pour orienter nos actions nous voulons partir de la réalité du vécu des Suresnois.

C’est aussi la raison de la consultation qui est lancée sur suresnes.fr ?

La loi recense 25 formes de discriminations mais les situations varient aussi en fonction des territoires : je veux donc prendre la mesure du vécu et du ressenti des Suresnois, et m’appuyer sur la concertation citoyenne et aussi sur les Conseils de quartier. Quels habitants ont-ils pu souffrir de discriminations ? Et de quels types ? Et plus largement quelles sont leurs attentes dans ce domaine ? Si les remontées le justifient, la lutte contre les discriminations a vocation à devenir un axe transversal du mandat, comme l’est l’égalité femmes-hommes.

Quels constats avez-vous déjà pu faire dans le cadre de vos délégations ?

Nous avons rencontré des jeunes qui expriment le sentiment d’avoir été discriminés dans l’accès à l’emploi ou au logement en raison de leur origine ou de leur lieu d’habitation. J’ai personnellement été marquée par ces échanges. On ne peut pas laisser une telle fracture s’installer avec une partie de la jeunesse et nous travaillerons en ce sens notamment avec les acteurs de l’éducation spécialisée qui interviennent à Suresnes, sans confondre pour autant discrimination et victimisation.

Il faut aussi agir dès le plus jeune âge, notamment au travers de nos actions de soutien à la parentalité. Au fond, lutter contre les discriminations c’est travailler sur l’apprentissage de l’altérité, déconstruire les stéréotypes, construire une culture de l’égalité dans tous les domaines de la vie sociale et favoriser l’apprentissage de la citoyenneté, du respect des différences et du bien être ensemble.

Qu’est-ce qu’une discrimination ?

Une discrimination est un traitement défavorable qui doit généralement remplir deux conditions cumulatives : être fondé sur un critère défini par la loi (sexe, âge, handicap…) et relever d’une situation visée par la loi (accès à un emploi, un service, un logement…).

A ce jour, la loi reconnaît plus de 25 critères de discrimination. Ainsi, défavoriser une personne en raison de ses origines, son sexe, son âge, son handicap, ses opinions… est interdit par la loi et les conventions internationales auxquelles adhère la France.

Jean Macé rime avec égalité

Création d’une affiche, forum sur l’amour, débats, projection d’un film sur l’homophobie… Dans le cadre du Mois de l’égalité mais aussi du projet de territoire, les élèves et l’équipe du collège Jean Macé, comme les autres établissements de la ville, se mobilisent et font feu de tout bois.

Photos : Mathilde Gardel

Mardi 15 février, appliqués, feutre en main, Dorothée, Ambre et Oscar dessinent un smartphone surmonté de mots sans équivoque : tristesse, dévalorisation, traumatisme, suicide… Les trois élèves de 4e du collège Jean Macé, réalisent une affiche de sensibilisation contre le cyberharcèlement reprenant donc des termes forts sur les conséquences psychologiques du phénomène qui se développe.

Il s’agit d’une des actions menées dans l’établissement dans le cadre du Mois de l’égalité. Des élèves des différents établissements du secondaire de Suresnes élaborent en effet des affiches qui seront exposées lors de l’événement de mars. « Nous y travaillons depuis le début du mois, explique Gaëlle Gersen, CPE, qui encadre le groupe avec Cécile Xavier et Diane Roullier, professeure d’arts plastiques et documentaliste. Ce projet s’inscrit également dans le cadre du projet de territoire, qui vise notamment à mettre en avant les valeurs de la République. »

A Jean Macé, le choix s’est porté sur des élèves dynamiques et autonomes, qui n’hésitent pas à peaufiner leur création à la maison. Ils ont travaillé lors de quatre séances sous l’appellation « Demain citoyens élèves de Suresnes ». Pour que leur affiche soit percutante, ils ont retenu un slogan fort, « Le cyberharcèlement détruit des vies ».

Qu’est-ce que l’amour ?

La création de l’affiche n’est pas la seule traduction du Mois de l’égalité au collège Jean Macé. « Nous agissons sur le terrain, les actions de prévention sur la vie affective et la sexualité sont très importantes pour les établissements scolaires. Il est nécessaire de lutter contre le sexisme, de parler du consentement. Nous accueillons ainsi une exposition proposée par la Ville sur l’égalité femmes-hommes », confirme Laurent Rabès, principal du collège.

Surtout, les élèves de 3e vont participer à un forum sur l’amour, les 9 et 10 mars, dans la salle polyvalente de l’établissement. Ils pourront s’exprimer sur les relations femmes-hommes, sur ce que c’est qu’aimer, et rencontreront des associations mais aussi des professionnels notamment médicaux.

Quiz, exposition, témoignage ou débat devraient permettre d’aborder par exemple le désir, la première fois, les maladies sexuellement transmissibles, la contraception ou internet avec l’image trompeuse qui y est donnée de la sexualité, qui n’est pas la réalité des femmes et peut susciter des angoisses.

« L’on pourrait même mettre le terme amour au pluriel puisque nous évoquerons aussi la lutte contre

l’homophobie », complète le principal qui estime que les choses évoluent dans le bon sens dans ce domaine. « Le fait qu’il ne s’agisse pas d’une opinion mais d’un délit est entré dans les mœurs».

Un film sur le sujet sera également proposé aux classes de 3e , là aussi avec un travail préparatoire et un débat. Et à sujet sensible, discrétion bienvenue : les élèves pourront aussi poser lors du forum des questions de manière anonyme. Ils pourront aussi repartir avec le plein d’adresses utiles.

 

Cécile Xavier, professeure d’arts plastiques

« C’est important d’échanger avec les élèves sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Le cyberharcèlement est bien réel et nous l’abordons là de manière moins classique.

Les échanges se poursuivront d’ailleurs avec tous les élèves une fois l’affiche terminée. C’est un sujet grave, qui concerne tout le monde. » 

 

Gaëlle Gersen, CPE

« Je passe beaucoup de temps à régler des conflits entre élèves. J’observe une montée des incivilités sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, au sein du collège, un médiateur agit avec les équipes éducatives pour désamorcer les conflits.

S’ils interviennent, la communication avec les collégiens mais aussi les parents est très importante. Notre rôle est d’accompagner les jeunes dans leur utilisation des réseaux sociaux qui peuvent aussi être une mine d’information, contribuer à leur donner des repères. »

 

Diane Roullier, professeure documentaliste

« Nous avons choisi de nous adresser directement aux agresseurs et pas aux victimes, qui ne doivent pas se sentir responsables de ce qui leur arrive. En revanche, les agresseurs doivent prendre conscience des conséquences de leurs actes.

Je m’occupe par ailleurs du Club journal, nous ferons donc un article sur cette action. »

Ils parlent de l’égalité

« Ce Mois de l’égalité complète parfaitement les actions citoyennes menées tout au long de l’année au collège. » LAURENT RABES

« J’ai connu des cas de harcèlement à l’école primaire. Nous en avons parlé et cela s’est bien terminé. Le cyberharcèlement est un phénomène qui peut tous nous concerner. Mais je participe aussi parce que j’aime le dessin. » DOROTHEE

« Quand on m’a proposé de participer à un tel projet, qui aborde un sujet grave, je n’avais pas de raison de dire non. Plus largement le thème de l’égalité me parle, on entend par exemple parfois des paroles homophobes et les victimes sont très touchées par ces propos. » AMBRE

« C’était une évidence pour moi de participer, le sujet m’intéressait. Au point que nous avons parfois poursuivi notre travail de création à la maison. » OSCAR

SELECTION D’EVENEMENTS

Exposition Lire pour l’égalité

L’éditeur Talents Hauts a conçu l’exposition en 12 panneaux « Lire pour l’égalité » pour permettre d’ouvrir le débat, point de départ d’une prise de conscience et d’une réflexion avec les enfants sur les discriminations, notamment sexistes.

➜ Maison de quartier Gambetta, 27 rue Gambetta, du mardi 1er mars au vendredi 11 mars

➜ Maison de quartier des Sorbiers, 5 allée des Platanes, du mardi 15 mars au jeudi 31 mars

Exposition Noor Inayat Khan

L’exposition retrace le destin de la princesse soufie élevée à Suresnes, lettrée et musicienne, femme émancipée, résistante et agent secret dans la France occupée.

➜ Maison de quartier des Sorbiers, du mardi 1er mars au vendredi 11 mars

➜ Maison de quartier Gambetta, du mardi 15 mars au jeudi 31 mars

Femmes architectes

Projection-débat du fim avec les architectes Manuelle Gautrand, Patrick Mauger, Aurélie Rouquette et Delphine Balde.

➜ Musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes,1 place de la Gare de Suresnes Longchamp, le 10 mars, 19h.

Krav maga : initiation gratuite et café débat

Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, le KMC92 offre une initiation au Krav maga axée sur des techniques permettant de faire face à différents types d’agressions répertoriées. Il sera suivi d’un café débat avec une psychologue et une avocate pour libérer la parole, informer des droits et aborder l’aspect physiologique et mental d’une agression.

➜ Centre sportif du Belvédère, 12 mars De 14h à 18h Renseignements et inscriptions : contact.kmc92@gmail.com

L’école du Parc écrit pour l’égalité

La classe de CP de Séverine Arrial à l’école du Parc a remporté le concours d’écriture de l’association Lire Egaux, soutenu par l’Education nationale et Amnesty international.

Photos : Benoît Moyen

« L’objectif du concours est de sensibiliser les filles et les garçons dès le plus jeune âge à l’égalité entre les femmes et les hommes », explique Séverine Arrial, enseignante à l’école du Parc depuis 10 ans. Le concours ouvert à toutes les classes de CP et de CE1 d’Ile-deFrance consistait à rédiger un court manuscrit collaboratif abordant la question du sexisme ou des stéréotypes en s’appuyant sur le matériel pédagogique fourni aux classes candidates, « une mallette composée d’albums publiés par la maison d’édition jeunesse Talents Hauts sur la thématique de l’égalité filles-garçons que nous avons étudiés», précise la professeure des écoles.

Le jury a d’abord désigné 10 nominés parmi les candidatures limitées à 200 dossiers et c’est finalement la classe de l’école du Parc à Suresnes qui a été déclarée gagnante du concours en juin 2021. « Le texte, intitulé « Mon rêve », aborde la questions des métiers considérés comme des métiers d’homme ou de femme. J’ai aidé à la syntaxe mais l’écriture a conservé son caractère enfantin, leurs mots, et c’est peut-être, en dehors de l’originalité du thème, ce qui a plu au jury », analyse Séverine Arrial. Le manuscrit des jeunes suresnois va être illustré, imprimé et publié par Talents Hauts puis le livre sera envoyé aux classes candidates du prochain concours et soutenu par Amnesty international.

L’illustrateur du livre viendra à la rencontre des élèves auteurs et autrices (à présent en CE1) le 11 mars pour échanger avec eux sur la réalisation des illustrations et sur l’édition du livre.

 

Théo 7 ans
«Maintenant qu’on a travaillé sur l’égalité, je me rends plus compte que c’est important. Pour qu’il y ait plus d’égalité il faudrait plus de filles qui viennent dans les sports où il y a surtout des garçons et plus de garçons dans les sports « pour les filles».

Moi, je fais du tennis. Je voudrais être militaire, dans l’armée de l’air, comme mon père.»

 

Alexis 7 ans « et demi »

«C’est un sujet qui nous a intéressés et c’était bien. Je n’y avais pas trop pensé avant. C’est la première fois qu’on faisait un texte tous ensemble et c’est juste incroyable qu’on ait gagné au milieu de 200 classes.

Je veux être tennisman ou cuisinier plus tard.»

 

Mathilde 7 ans
«Il y a plus d’égalité entre les filles et les garçons qu’avant en France, mais dans les autres pays ce n’est pas comme ici. J’aimerais bien que ça change.

Je ne sais pas encore ce que je veux faire plus tard.»

 

Jana 7 ans
«C’était bien de parler de l’égalité entre les filles et les garçons en CP, parce qu’en CE1 on
n’en parle pas vraiment. Je ne sais pas ce que je ferai comme métier.

Je fais de la gymnastique au club des Touristes.»

 

Céleste 7 ans « et demi »
«On a lu des livres écrits par les gagnants des autres années. Et il a fallu trouver une idée à nous, le sujet des métiers : un garçon qui veut être coiffeur et une fille qui veut être footballeuse. Moi, je veux être maîtresse plus tard. C’est un métier d’homme et de femme.»

Un bouleversant monologue sur les blessures d’un viol

Au Théâtre de Suresnes Jean Vilar, la pièce J’avais ma petite robe à fleurs, est une puissante et sobre interrogation sur la difficulté à se reconstruire après une agression.

“Etre programmée pendant un Mois de l’égalité a du sens.» Nadia Jandeau, la metteure en scène de J’avais ma petite robe à fleurs présentée le 31 mars au Théâtre de Suresnes Jean Vilar est d’ailleurs très engagée pour l’égalité femmes-hommes.

« Un de mes récents projets abordant les discriminations n’a pas pu voir le jour parce qu’on m’a expliqué que cela n’intéressait pas, que c’était encore une histoire de bonnes femmes», déplore-t-elle. Il n’est donc pas étonnant de la voir monter la pièce de Valérie Lévy, monologue bouleversant sur les conséquences d’un viol et la place de la parole pour se reconstruire.

« Ce n’est pas un thème évident à aborder, mais Valérie m’a interpelée par son écriture, très moderne, sans pathos. Elle propose l’histoire d’une femme pour qui tout s’est bien passé après son agression : tout le monde a fait son travail, elle a été entourée, il y a eu condamnation mais pendant toute la pièce, elle se débat avec cette blessure », explique Nadia Jandeau.

Le rapport au corps : un sujet universel

On parle beaucoup de libération de la parole, mais visiblement cela ne suffit pas. Cette parole, l’héroïne interprétée par Alice de Lencquesaing, « une actrice extraordinaire », va l’offrir, espérant panser cette fameuse blessure, aux caméras d’une émission de « télé-poubelle ». Cruelle erreur : « Il s’agit juste d’une intrusion de l’image dans l’intime, sans garde-fou. Ce regard extérieur, du public, se nourrit du drame. Ici la personne violée se fait voler sa blessure », dénonce Nadia Jandeau.

Mais Valérie Lévy dit « ne pas avoir fait une pièce sur le féminisme. Ce n’est pas le sujet ». Elle aurait pu faire le choix d’une autre agression pour parler reconstruction. Quant à la metteure en scène, elle explique « avoir travaillé sur le rapport au corps qui est un sujet plus universel que féministe, il touche tout le monde. »

Cependant, le féminisme, la façon dont les hommes se comportent avec les femmes, l’écrasante pression de la société pour les mères exigeant l’excellence – « les chiffres des femmes abandonnant leur métier après la maternité sont affolants » – sont des thèmes qui la passionnent et autour desquels elle se fait militante. Et de reprendre, indignée, les mots, absolument pas isolés, d’un agent d’acteur qui estimait que le « cinéma doit faire rêver ».

« Pour lui , précise Nadia Jandeau, cela impliquait l’impossibilité que le rêve soit inspiré par le corps d’une femme ronde. Les corps des femmes doivent être formatés. C’est le désir des hommes qui prime. » Alors, oui, rien que de plus logique que de retrouver sa pièce lors du Mois de l’égalité.

➜ J’avais ma petite robe à fleurs, de Valérie Lévy, mise en scène par Nadia Jandeau avec Alice De Lencquesaing, le 31 mars à 20h30 au Théâtre de Suresnes Jean Vilar.

 

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le nombre de théâtres nationaux dirigés par une femme. En revanche 46% des Centres dramatiques nationaux ont une femme à leur tête. Un chiffre en progression.

Lecture autour de Gisèle Halimi

Des extraits du livre Une farouche liberté sont repris par l’atelier de Pierre-Olivier Scotto, lors de la lecture spectacle Trois femmes libres racontent Gisèle Halimi. On y retrouve les combats de Gisèle Halimi, l’avocate qui défendait les femmes et toutes les victimes qui relèvent la tête.

Annick Cojean, grand reporter au Monde, avait recueilli ses propos pour un livre entretien juste avant son décès.

➜ Le 17 mars à 19h à la Médiathèque du centre-ville, tout public.

Une politique interne volontariste pour l’égalité

La lutte contre toute les discriminations est un axe central de la politique RH de la mairie de Suresnes.

“Exemplaire – adjectif (latin exemplaris) : qui peut servir d’exemple par sa conduite». En matière d’égalité et de lutte contre les discriminations la Ville de Suresnes s’applique au premier chef les principes qu’elle promeut.

Suresnes est ainsi l’une des quatre villes en France à détenir, depuis 2014, le très exigeant label Afnor qui nécessite la preuve d’un plan d’actions structuré, doté d’objectifs très précis. Preuve du sérieux de la démarche municipale : son attribution, réexaminée avec attention tous les 3 ans, lui a déjà été confirmée à deux reprises.

Dialogue social

Cette politique porte aussi sur l’évolution des carrières : à Suresnes 74 % d’agents de catégorie A sont des femmes et une majorité des postes de direction sont occupés par des femmes. Pour faire progresser cette cause, Suresnes peut s’appuyer sur sa culture unique du dialogue social. La Ville a conclu en 2019, avec ses 4 syndicats représentés (CGT, CFDT, FO, SYNPER), un accord qui définit un principe clair dans la lutte contre les violences faites aux femmes : « Tolérance Zéro » dès le premier agissement sexiste. D’autres accords ont tracé le cadre de cet engagement collectif, dont le dernier, signé le 15 décembre 2021, relatif à l’égalité des droits et à la lutte contre les discriminations anti-LGBT+.

Enfin, ce volontarisme porte aussi ses fruits dans le domaine de l’inclusion : la Ville est ainsi passée d’un taux d’agents en situation de handicap de 4,50 % en 2008 à 9,49 % en 2021, soit bien au-delà des 6 % légaux. Et elle multiplie les actions de sensibilisation au travers de formations, d’évènements internes ou de projets comme Objectif emploi, le dispositif d’accompagnement vers l’emploi des étudiants handicapés qu’elle a initié et qui ne cesse depuis 8 ans de s’élargir dans les secteurs public et privé.

 

1,2%

l’écart moyen entre le salaire des femmes et des hommes chez les agents de Suresnes. Ce taux est de 8,9% dans la fonction publique territoriale, de 13,6% dans la fonction publique d’Etat et de 24% dans le privé.

9,49%

le taux d’agents en situation de handicap à Suresnes. Bien au-delà du taux légal de 6%.

 

La lutte contre toutes les formes de discriminations liées au sexe, au handicap ou à l’activité syndicale constitue un principe essentiel et un axe structurant de la politique RH, innovante et pionnière dans la fonction publique, de la ville de Suresnes. Mais en matière d’égalité professionnelle femmes-hommes, rien n’est jamais acquis. Aussi nous poursuivons nos efforts non seulement dans le cadre de ce Mois de l’égalité, mais aussi tout au long de l’année, pour sensibiliser et former les agents à cette cause essentielle.

Beatrice de Lavalette, adjointe aux  Ressources humaines, à l’Innovation sociale et au Dialogue social

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