Une rentrée fracassante

septembre 2021

En ce début de saison, la programmation du Théâtre Jean Vilar plonge dans la grande aventure, dynamite l’actualité et explore les ressorts invisibles de la danse.

Texte : Arnaud Levy

Photos: Simon Gosselin, Pascalito, Jean-Claude Carbonne

Un souffle rare va balayer la scène du Théâtre Jean Vilar pour le premier spectacle de sa saison. Epique et romantique, burlesque et mélancolique : un souffle d’aventure bouillonnante qui plonge aux racines du roman populaire.

Le Capitaine Fracasse ramène souvent au souvenir d’une rencontre littéraire de jeunesse, d’un tumulte de cape et d’épée. Mais le roman de Théophile Gautier (qui rencontra -d’après son auteur- plus de succès que Les Misérables après sa parution en 1863) c’est aussi une langue virtuose et savoureuse, saluée à l’époque par Baudelaire ou Zola.

C’est donc bien un texte qui s’adresse à tous que le metteur en scène Jean-Christophe Hembert, connu du grand public comme le chevalier Karadoc de la série Kaamelott, entreprend de réinventer en en respectant la verve littéraire.

On suivra la transformation du Baron ruiné de Sigognac qui, par amour pour la belle Isabelle, abandonne le manoir où il végète pour suivre une troupe de comédiens et devenir le Capitaine Fracasse, dont les aventures à rebondissements nous entraînent dans un monde entre l’illusion de la scène et la réalité flamboyante de la narration.

Jean-Christophe Hembert fait de Fracasse un « super héros de la langue» qui triomphe des duels et des embuches « dans un Far-west du 17e siècle» avec pour armes les mots et l’imaginaire. Son adaptation, qui se délecte de la démesure baroque de l’œuvre, est aussi et surtout une déclaration d’amour au théâtre. Quoi de mieux pour lancer une saison ?

Fracasse, d’apres Théophile Gautier

Mise en scène Jean-Christophe Hembert

Vendredi 24 septembre à 20h30 (suivi d’une rencontre avec l’équipe artistique)

Dimanche 26 septembre à 15h

Mardi 21 septembre, le Théâtre Jean Vilar et le Cinéma Le Capitole proposent une séance « carte blanche » à Jean-Christophe Hembert qui expliquera, avant sa projection, en quoi le film A star is born, de Bradley Cooper, a été l’une de ses inspirations pour la mise en scène de Fracasse.

Flingage garanti

Gaspard  Proust n’aime rien tant que les absurdités désespérantes de notre monde pour l’étriller avec un sens de la formule et de la provocation qui le pose en hériter de Pierre Desproges. Gageons que l’actualité fournie en crétineries triomphantes et en prétentions bien pensantes, offrira une matière foisonnante à l’humoriste qui réécrit son nouveau spectacle au fil des représentations.

Seuls les ingrédients en sont connus : un humour cruel et sans tabou, un cynisme cinglant et jubilatoire qui font mouche chaque fois qu’il tire avec son débit de mitraillette sur les conformismes de l’époque, sur les politiques, sur les directeurs de conscience, sur tout et sur tous.

Pour ces deux étapes suresnoises, le spectateur est prévenu, car c’est au fond la recette du succès de ce Proust helvèto-slovène : personne ne sera épargné. Seul en scène

Samedi 2 octobre 20h30

Dimanche 3 octobre 17h

Gracieuse gravité

Découverte par Newton, développée par Einstein, filmée dans “Interstellar” ou ‘”Gravity“, l’histoire de la gravitation s’écrit aussi sur scène avec le chorégraphe Angelin Preljocaj, qui poursuit avec cette création inaugurée en 2018 à la Biennale de Lyon, sa recherche chorégraphique sur les notions de poids et d’espace, de vitesse et de masse.

Les 13 danseurs de cette impalpable amie-ennemie à laquelle il faut se confier et se libérer pour réinventer le mouvement, la dessinent dans le ballet des corps au fil de séquences virtuoses et inspirées, répondant aux musiques qui vont de Bach à Chostakovitch ou de Xenakis à Daft Punk. Au bout de l’exploration spatiale c’est la beauté et la grâce qui se dessinent.

Gravité Ballet Preljocaj

Vendredi 11 octobre à 20h30

 

 

Partagez l'article :