De Paris à l’estuaire le MUS remonte le cours de la Seine

novembre 2021

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La nouvelle et passionnante exposition temporaire du Musée d’Histoire Urbaine et Sociale de Suresnes, conçue en partenariat avec le musée normand MuséoSeine, explore l’histoire et les enjeux d’un fleuve à la place singulière dans l’histoire et la géographie du pays.

Texte : Arnaud Levy Images : MUS

 

“La Seine, la Seine, la Seine… “ Qu’elle soit chantée par M et Vanessa Paradis ou source d’inspiration poétique de Prévert, Apollinaire et Verlaine, la Seine occupe une place unique dans l’imaginaire national. Mais ses dimensions, elles, sont plurielles : le fleuve a façonné des paysages, séparé puis relié les hommes au fil de sa domestication, orienté les choix architecturaux, a joué un rôle déterminant dans l’approvisionnement de Paris, puis dans l’industrialisation, et a conditionné jusqu’à aujourd’hui l’implantation des populations.

Ce sont toutes ces facettes que “Seine de Vie de Paris à l’estuaire“, la passionnante nouvelle exposition du Musée d’Histoire Sociale et Urbaine de Suresnes (MUS), va explorer du 19 novembre au 19 juin 2022. Conçue en association avec MuséoSeine – piloté par l’agglomération Caux Seine – elle rejoindra ensuite le musée de la Seine normande avec une nouvelle sélection d’œuvres puis voyagera tout au long du fleuve pour être présentée dans différentes structures.

Paris, Rouen et Le Havre sont une même ville dont la Seine est la grand’rue Napoléon Bonaparte

« C’est une exposition de grande ampleur par le territoire concerné mais aussi grâce à la qualité des œuvres prêtées par notre partenaire et de nombreuses institutions nationales, soulignent Cécile Rivière, Adjointe à la directrice du MUS et Commissaire scientifique de l’exposition et Emeline Trion, chargée des collections et du centre de documentation. En la concevant nous avons voulu investir pleinement une des vocations du MUS qui est de proposer chaque année une vision inédite sur une thématique à dimension nationale. » La riche iconographie permettra de naviguer au fil d’une véritable « route liquide » entre Paris et l’estuaire.

Jusqu’au 18e siècle, l’histoire de la Seine s’était surtout jouée en amont de Paris. Mais au fil des siècles suivants, la polarité s’inverse ouvrant la capitale vers la Manche en formant un couloir marchand à travers la Normandie. « Paris, Rouen et Le Havre sont une même ville dont la Seine est la grand’rue », résume Napoléon Bonaparte dès 1802. L’exposition se concentre donc sur cette portion du fleuve qui constitue un véritable trait d’union entre régions et une porte d’entrée vers le Nord de l’Europe au cœur d’enjeux contemporains cruciaux.

« Les aménagements nombreux qu’a connu le fleuve l’ont parfois effacé de notre environnement urbain et éloigné des riverains, expliquent Cécile Rivière et Emeline Trion. Nous espérons que cette exposition pourra contribuer à la rendre plus proche ».

Du 19 novembre au 19 juin 2022 1 place de la Gare de Suresnes Longchamp

Des paysages changeants

La Seine dessine des paysages changeants tout au long de son cours. De grandes métropoles et des agglomérations secondaires côtoient des zones paysagères homogènes (coteaux calcaires, terrasses alluviales, zones humides, vasières, côtes rocheuses et sableuses) formant de véritables « coupures vertes ».

Des sources à Paris, le paysage de la Haute Seine ou Haute Vallée est plutôt rural, le fleuve est bordé de plaines céréalières. De la capitale à Rouen, les boucles du fleuve serpentent près des falaises de craie de la Basse Seine ou Basse Vallée.

Enfin, jusqu’à l’embouchure vers la Manche la Seine devient maritime et donne son nom au département. Les effets de la marée s’y font toujours sentir mais le niveau de l’eau n’augmente plus au-delà de 60 cm.

 

La Seine en chiffres

le nombre d’heures qu’il fallait au paquebot à vapeur Félix Faure pour relier Rouen au Havre en 1898.

117

le nombre d’îles entre Paris et la Manche en 1750. On n’en compte plus qu’une vingtaine aujourd’hui.

776

le nombre de kilomètres parcourus de la source du fleuve sur le plateau de Langres jusqu’à la Manche.

78 650

le nombre de km² du bassin versant traversé par la Seine. 11 000 000le nombre d’habitants de la vallée de la Seine entre Paris et le Havre (dont près des trois quarts dans les départements de l’Ouest francilien).

 

La Seine, espace de loisirs

Au 19e siècle, le développement du transport fluvial et la création des lignes ferroviaires s’accompagnent d’un développement du tourisme et des loisirs. Il s’accélère avec l’arrivée du dimanche chômé en 1906, puis des congés payés en 1936. Auparavant réservée à l’élite, la promenade sur l’eau se démocratise.

On se retrouve sur les bords de Seine en famille, entre amis ou entre sportifs et l’engouement est immortalisé par les Impressionnistes. L’aménagement des berges voit aussi l’âge d’or des guinguettes à la fin du 19e siècle.

A Suresnes le succès repose sur l’association du « petit bleu » (vin blanc vendu avec « droit de bouchon » par les vignerons), une nourriture simple, de la danse et des loisirs.

 

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