“Transmettre les savoirs “

octobre 2019

En plus de sa société, en pleine croissance, William Peres vient de prendre la présidence de la toute nouvelle association Suresnes Business Club.

Texte : Florence Rajon. Photos : Hervé Boutet

✱ Un club pour et par les entrepreneurs

« L’idée du Suresnes Business Club est née lors d’une discussion entre des dirigeants d’entreprises de Suresnes et le maire Christian Dupuy il y a quelques mois. Nous avons déposé  les statuts de l’association en septembre dernier », raconte William Peres dans son bureau de Serious Factory, idéalement situé à deux pas de la Seine et du centre-ville.
« Lorsque je voyage et que je découvre le nombre de sociétés françaises qui ont réussi, je suis sidéré du peu de synergie entre les grands groupes bien établis et les start-ups qui essaient de décoller, alors que les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Allemagne y réussissent parfaitement. Or, à Suresnes, il n’y a pas seulement des commerçants et des artisans, mais beaucoup d’entreprises et de sièges sociaux. Si ces derniers ne réalisent pas qu’ils ont des pépites à proximité, ils lanceront des appels d’offres et finiront par choisir une entreprise allemande ou espagnole, par exemple. L’objectif est donc de développer ce formidable tissu économique. Ce que nous appelons chasser en meute pour obtenir des marchés internationaux ensemble. »
Unir ses forces pour être plus forts, mettre en commun ses bonnes pratiques, tel est le but de l’association, mais pas seulement.

« Favoriser l’entreprenariat local est bénéfique pour la ville toute entière », poursuit William Peres. « Comme dans un cercle vertueux, plus il y a d’activité dans une ville, plus il y aura de business. Et plus il y a de business, plus il y a d’activité. » Jusqu’à donner envie aux fonds d’investissements étrangers de capitaliser dans les entreprises suresnoises…

Car la ville, qu’il connaît bien pour y avoir travaillé lorsqu’il était chez Dassault Systèmes, a de nombreux atouts pour attirer davantage d’entreprises, estime-t-il : « le tissu économique, la situation de la ville… On traverse le pont de Suresnes et on est sur les Champs-Elysées. Boulogne et La Défense sont juste à côté. Les loyers ne sont pas trop onéreux. Et puis le centre-ville ressemble à un village, c’est familial, un cadre de travail ou même de vie très appréciable pour les salariés. »

✱ Un management pragmatique

Prendre la présidence du Suresnes Business Club s’est imposé assez naturellement chez cet ingénieur en aéronautique qui n’avait pas hésité, en 2007, à quitter un travail confortable, avec un fort potentiel d’avancement, pour voler de ses propres ailes. « Cela devenait trop lent et trop lourd pour moi. Lorsque l’on a des idées, il faut les mettre en application rapidement. Si ça marche, tant mieux. Au besoin, on ajuste. Et si cela ne fonctionne pas, on passe à autre chose. »

Ce qu’il nomme la « méthode américaine » et qu’il a pu étudier de près lorsqu’il formait les forces de ventes de Dassault Systèmes dans le monde entier. « En France, on a une idée, on y réfléchit, on fait cinquante réunions, les mois passent, et pendant ce temps-là, les Américains avancent… »

Autre leçon retenue sur le chemin de l’entrepreneuriat, un projet viable exige un investissement total. Au début desannées 2000, flairant les multiples opportunités qu’offre le web alors balbutiant, il imagine sur son temps libre des sites de e-commerce innovants : une plateforme pour mettre en relation artistes peintres et acheteurs, puis un site pour que les amateurs de vin et champagne puissent acheter des bouteilles au prix des producteurs.

✱ Se donner les moyens

« On croit toujours que la bonne idée, tout le monde va se l’arracher ! Mais cela ne fonctionne pas ainsi. Il faut consacrer tout son temps et son argent sur une chose, une seule », souligne-t-il. En 2007, William Peres revend donc ses parts dans ces deux projets et quitte Dassault Systèmes pour se consacrer exclusivement à Serious Factory, la start-up qu’il vient de lancer et qui proposera progressivement des formations par le gaming (le jeu).

En 2013, l’entreprise fait sa bascule : au lieu de répondre aux incessantes demandes des clients, l’entrepreneur choisit de leur fournir les moyens de former eux-mêmes leurs  salariés, par le biais d’un logiciel très simple d’utilisation. Aujourd’hui, Serious Factory réalise 20% de son chiffre d’affaires à l’étranger (l’entreprise est présente dans 23 pays). « Ce n’est que le début, nous en sommes à 1% ! », lance, enthousiaste celui qui vise la place de leader… mondial.

✱ Une vision globale

William Peres est aussi porté par une vision sociétale forte : l’enseignement vertical, descendant, tel qu’il est pratiqué à l’école, lui semble insuffisant. Grâce aux mises en situations concrètes, ses logiciels proposent un apprentissage engageant et ludique, et permet à tous de se former et d’avancer. « La formation devrait être démocratisée, estime-t-il, et non réservée à ceux qui en ont le moins besoin, généralement les cadres. Cela augmente la fracture sociale. Dans une entreprise, 75 à 80 % des employés représentent le plus fort potentiel de l’entreprise. Il faut leur permettre de se former ! », affirme-t-il.

Cette vision est aussi l’une des raisons qui l’ont poussé à piloter le Suresnes Business Club. « Cela me permet de mettre en application ce que prône Serious Factory. Développer le marché suresnois, c’est donner le bon exemple, et participer à redorer le blason de nos sociétés françaises. »

Serious Factory a développé des outils de formation utilisant le jeu ou la réalité augmentée

William Peres en 6 dates

1971 : Naissance à Courbevoie
1997 : Entre chez Dassault Systèmes
2007 : Fonde Serious Factory
2015 : Levée de fonds de 1,15 million d’euros
2018 : Levée de fonds de 3 millions d’euros
2019 : Devient président du Suresnes Business Club

Bienvenue au Suresnes Business Club

 

Lancé en septembre, le Suresnes Business Club a pour vocation de permettre aux entreprises suresnoises de mettre en commun leurs savoir-faire pour accéder ensemble aux marchés internationaux, et favoriser l’entrepreneuriat au sein de la ville et d’attirer les investisseurs français comme étrangers.

L’activité économique est non seulement garante d’emplois, elle apporte des recettes à la Ville, tout en insufflant de la vie à la commune. À la suite d’une première réunion en avril dernier, trois groupes de réflexion ont été instaurés sur les thèmes du marketing territorial, de l’entrepreneuriat et des ressources humaines.

L’association compte actuellement huit membres : Serious Factory, Dragon Rouge, Servier, GFK, Signify, Suez Eau France, JLL, ASCOM, et reste ouverte à tous !
Pour toute information ou participer aux activités du Club vous pouvez téléphoner au 01 41 18 18 33.

 

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