Suresnes teste une vidéoprotection plus intelligente pour la sécurité de ses habitants

mars 2021

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Rendre la ville plus sûre, plus propre en s’appuyant sur les nouvelles technologies : c’est l’objectif de Suresnes qui attend l’autorisation de la CNIL* pour l’expérimentation sur dix caméras de vidéoprotection d’algorithmes d’intelligence artificielle permettant de détecter les événements anormaux. Le test devrait durer 18 mois.

Le renforcement de la sécurité des Suresnois est un axe fort de la politique municipale et l’évolution de la vidéoprotection fait partie des actions qui peuvent contribuer à rendre la ville plus sûre.

La Ville cherche donc à intégrer les innovations technologiques susceptibles d’aider à tranquilliser le quotidien des citoyens. Cette optimisation va se déployer jusqu’en 2026 sur la base des dispositifs déjà existants. Aussi a-t-elle accueilli avec intérêt la sollicitation de la société suresnoise XXII Group, spécialisée dans la vision par ordinateur et l’intelligence artificielle, pour expérimenter la mise en œuvre d’algorithmes sur des caméras dômes de son dispositif de vidéoprotection placées sur la voie publique.

« Cet outil doit permettre la détection en temps réel d’événements anormaux tels que les dépôts sauvages, infractions routières graves, rassemblement de personnes, stationnements irréguliers, tentatives d’intrusion, et assister les opérateurs du centre de supervision urbain dans leur veille afin d’améliorer la rapidité d’intervention des équipages de police nationale ou municipale. Cela peut donc devenir une aide à la prévention autant qu’à l’action des services de police », explique le maire, Guillaume Boudy.

La jeune société pourra ainsi poursuivre le développement de son outil en conditions réelles, et la ville tirer bénéfice, sans aucun coût pour le contribuable , de cette expérimentation  dans des domaines très divers: lutte contre les cambriolages, vol de voitures, circulation à contre sens, sur les trottoirs,  gestion des déchets, encombrants, ou amélioration des mobilités par la gestion du trafic.

« L’efficience de cette expérimentation à but préventif sera évaluée au bout des 18 mois de la convention, et nous pourrons mesurer si elle a contribué significativement à l’amélioration du quotidien et de la tranquillité des Suresnois », précise Yoann Lamarque, adjoint au maire délégué à la Sécurité et à la Prévention.

L’entreprise suresnoise créée en 2016 emploie aujourd’hui 70 collaborateurs à Suresnes : ingénieurs, neuroscientifiques, designers, développeurs en intelligence artificielle, en réalité augmentée… concevant « les outils de demain » pour les entreprises et les collectivités locales.

Problématiques environnementales

« Nous voulons montrer notre solution comme une technologie capable de solutionner des problématiques environnementales (détection de poubelles trop pleines, dépôts sauvages, départs d’incendie, éclairages intelligents) et de mobilité (feux rouges intelligents, analyse du trafic).  Notre vision chez XXII est que l’Intelligence artificielle ne doit plus être perçue comme un outil uniquement sécuritaire mais dorénavant comme une solution pour tranquilliser le quotidien des citoyens » explique William Eldin, 33 ans, cofondateur de XXII.

Pas question pour autant d’enfreindre les règles de protection des données ou de violer l’intimité de la population suresnoise. « Nous respectons très strictement la loi et nous rencontrons très régulièrement la CNIL*. Il n’est pas question de reconnaissance faciale » soulignait William Eldin, 33 ans, cofondateur de XXII, dans Suresnes mag il y a quelques semaines.

« Il convient de rassurer tous les Suresnois. Le maire, Guillaume Boudy, et la municipalité sont extrêmement vigilants et attachés au respect de la vie privée et des libertés individuelles », insiste Yoann Lamarque.

La proposition de XXII Group fait l’objet d’une convention avec la ville de Suresnes pour une durée d’expérimentation de 18 mois.

Le Conseil municipal a autorisé le maire, Guillaume Boudy, à signer cette convention lors de sa séance du 10 février. La mise en place du logiciel sur les serveurs de son centre de supervision urbaine a été soumise par la Ville à l’autorisation de la CNIL dont la réponse est attendue avant l’été.

*CNIL : commission nationale de l’informatique et des libertés, chargée depuis 1978 de veiller à la protection des données personnelles contenues dans les fichiers et traitements informatiques ou papiers, aussi bien publics que privés.

La vidéoprotection à Suresnes

Le dispositif de vidéoprotection suresnois repose actuellement sur un maillage de 89 caméras mises en place sur la voie publique et reliées au centre de surveillance urbaine (CSU) géré par la police municipale de Suresnes depuis 2008. Les 13 agents qui y sont affectés se relaient pour scruter 24 heures sur 24 les écrans vidéo et peuvent, en cas de constat de délit (vol à l’arraché, agression de commerce, dégradation de bien public ou privé…) déclencher une intervention de la police nationale ou municipale. Un dispositif qui permet également d’orienter les patrouilles de jour comme de nuit afin de prévenir des agressions avec vols, des vols de véhicules ou dans les véhicules, des cambriolages, en cas de détection d’un comportement suspect sur leurs écrans par les agents du CSU. Il sert aussi parfois à retrouver de jeunes enfants fugueurs ou repérer les auteurs de dépôts sauvages d’encombrants.
Les images du CSU peuvent aussi se révéler utiles a posteriori, dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

Des images sous haute protection

L’utilisation des images du CSU est très encadrée par la loi, afin qu’il ne soit pas porté atteinte aux libertés fondamentales, publiques et privées et la Ville respecte déjà  la réglementation relative à la protection des données   régie par le Code de la sécurité intérieure en mettant en place toutes les mesures adéquates. Les enregistrements sont conservés 10 jours sauf en cas de réquisition judiciaire. Chaque caméra a obtenu une autorisation préfectorale.

EN BREF

Evénement anormal : de quoi s’agit-il ?
Il s’agit de la détection à titre préventif par l’intelligence artificielle qui sera installée sur le dispositif du CSU d’une situation paramétrée au préalable par un agent du centre de supervision urbain. L’opérateur détermine, par exemple, ce qui doit être détecté dans une zone couverte par une caméra : un dépôt sauvage de déchets, une circulation en sens interdit, des scooters sur les trottoirs ou des places, le stationnement irrégulier ou l’abandon d’un véhicule devant une école, une tentative d’intrusion…

Reconnaissance faciale ou pas ?
XXII Group insiste sur le fait que l’expérimentation ne comporte pas de reconnaissance faciale ou biométrique et la Ville a posé cette condition pour accepter cette expérimentation. Les algorithmes qui seront mis en place pour l’expérimentation de la société XXII analysent les images mais ne tiennent pas compte des caractéristiques individuelles et personnelles. Visages, vêtements, genre, plaques d’immatriculation et même marque d’un véhicule ne sont pas identifiés.

Combien de caméras ?
Les algorithmes de XXII Group seront déployés dans le cadre d’une licence flottante pendant les 18 mois de l’expérimentation, sur 10 caméras et non pas sur les 89 caméras de voie publique simultanément, en fonction des usages paramétrés.

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