Permis AM: libres et responsables

décembre 2019

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Chaque année, la Ville permet à 48 jeunes Suresnois âgés de 14 à 18 ans d’obtenir leur permis AM pendant une semaine de leurs vacances, pour 10 euros. Polices nationale et municipale, Protection civile et RATP se sont associées cette année au dispositif. Pour que mobilité rime vraiment avec responsabilité.

Texte : Thierry Wagner. Photos : Benoît Moyen

Synonyme d’émancipation et d’indépendance, le permis AM, souvent baptisé « permis scooter », permet
dès 14 ans de conduire un véhicule à deux ou 4 roues (voir ci-contre). Cette liberté doit être prise au sérieux car les victimes d’accidents de la route, notamment à deux roues, sont majoritairement des 14-18 ans, comme l’explique Nabila Tigane, cheffe du service Jeunesse Animation de la Ville : « Il est important de faire baisser l’accidentologie dans cette tranche d’âge. Tous les ans, la première semaine des vacances de la Toussaint, la Ville organise une session de formation au permis AM en lien avec Suresnes Animation. Au-delà de la formation théorique et pratique permettant d’obtenir le permis, les jeunes sont sensibilisés et responsabilisés par rapport à cette nouvelle liberté. Il suffit de déposer un dossier à L’espace jeuneS et d’adhérer à Suresnes Animation, soit 10 euros pour l’année ; il n’y a pas d’autres critères de sélection que d’habiter Suresnes et d’avoir entre 14 et 18 ans. Les 48 premiers sont inscrits à la session du permis AM. La Ville prend en charge le coût des 5 demi-journées, 15 heures de formation alternant théorie et pratique avec des ateliers de prévention très développés.»

Un bon plan, puisqu’il en coûte entre 200 et 300 euros pour une formation de 8 heures en auto-école. Le dispositif rencontre un succès croissant chaque année, générant même une liste d’attente. « Il jouit d’un bouche à oreille très important. Le service Jeunesse Animation travaille étroitement avec le tissu associatif suresnois et les autres services de la Ville. L’information circule très vite », confirme Nabila Tigane.

Police, Prévention routière, RAPT aussi…

La session 2019 a bénéficié de nouveaux ateliers de prévention et de sensibilisation avec différents partenaires, à l’instar des journées d’alternative à la sanction initiées par le commissariat de Police de Suresnes  et la Ville : Protection civile pour une formation de 30 minutes aux bons réflexes en cas d’accident ; Police nationale avec un simulateur de deux roues en situation d’accident réelle ; Suresnes information jeunesse, qui sensibilise aux effets de la  consommation d’alcool et de stupéfiants à travers un parcours en trottinette muni de lunettes modifiant la vision. Pour l’occasion,  deux machinistes de la RATP ont même acheminé un bus jusqu’au parkingdu stade Maurice Hubert. Les jeunes ont ainsi pu s’installer à la place du conducteur, pour prendre la mesure des angles morts sur un tel véhicule.

« Au-delà des règles de circulation et de la pratique du cyclomoteur, cette formation permet aux jeunes de prendre conscience des difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés sur la route, et aux dangers que représente la conduite quand on a consommé certaines substances. C’est bien de le comprendre, de
le savoir, avant même d’avoir son permis », se réjouit Isabelle, brigadier de la Police municipale qui anime certains ateliers.cc« Porter un casque, des gants, un blouson et des chaussures fermées ne va pas forcément de soi pour les jeunes conducteurs de deux-roues. Et ils s’équipent encore plus mal une fois les beaux jours venus. »

Sandrine Contrepois, la commissaire de Police de Suresnes a travaillé avec le service Jeunesse Animation à l’élaboration d’un quiz qu’elle vient animer en personne. « Nous allons aussi leur projeter un court film avec des témoignages de jeunes de leur âge qui ont été accidentés. Plutôt poignant , explique-t-elle. Le message de la Police autour de la conduite va dans le même sens que celui des nombreux intervenants présents lors de cette semaine de formation : leur propre sécurité et celle des autres. Ils vont avoir le droit de conduire un deux roues. C’est le début des responsabilités.»

 

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Vous avez dit AM ?

Le permis A est le permis moto « toutes cylindrées ». Le permis AM, « A Moped », traduction de « cyclomoteur » en anglais (anciennement brevet de sécurité routière, BSR) est une catégorie de permis de conduire obligatoire pour être autorisé à conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger (voiturette), d’une cylindrée maximale de 50 cm3, dès l’âge de 14 ans.

Entré en vigueur avec la réforme du permis moto, il s’obtient à la suite d’une formation théorique et pratique d’une durée de 8 heures minimum. Délivré par la Préfecture, il ressemble à n’importe quel permis de conduire français, au format carte de crédit et doté d’une puce électronique.

Les personnes nées avant le 1er janvier 1988 restent dispensées de tout permis et de toute formation pour conduire un cyclomoteur ou un quadricycle léger. Les titulaires d’un permis de conduire A ou B ont automatiquement le permis AM.

 

3 questions à

AKIM BENHAMEL,

Responsable pédagogique de l’association Artémis sécurité routière

Suresnes magazine : Comment s’est déroulée la formation pratique lors de la session du 21 au 25 octobre ?

Akim Benhamel : Avant d’aborder la pratique de la conduite sur plateau puis sur route, les jeunes ont d’abord approfondi la partie « addictologie » : le téléphone, les jeux, l’alcool, le cannabis, sont aussi dangereux sur un scooter qu’au volant d’une voiture. Il est aussi important de faire comprendre l’intérêt d’un équipement adapté : gants, bottes, casque, indépendamment de leur caractère obligatoire.

S.M. : Puis vient la partie « sur le scooter » ?

A.B. : Ils apprennent à utiliser le scooter à basse allure, à freiner, à observer ce qu’il y a autour d’eux, ce qui est mécanique et entretien du scooter. On leur parle aussi du débridage et de l’assurance, des documents obligatoires à présenter à la Police et de la manière de se comporter en cas de contrôle à travers des exercices de simulation. Puis nous partons sur la route, en circulation, en liaison radio avec l’enseignant. Au préalable, bien sûr, ils ont vu toute la réglementation code de la route, le placement sur la chaussée, les ronds-points, le comportement des différents usagers de la route, piétons, cyclistes, automobiles, les dépassements de poids lourds, de bus…

S.M. : La question du passager du scooter est-elle abordée ?

A.B. : Elle est très importante ! Souvent, les jeunes pensent qu’il sont en infraction et sautent du scooter quand ils voient des policiers, alors que quasiment tous les scooters aujourd’hui sont homologués « 2 places », c’est à dire que le passager peut avoir plus de 14 ans, avec selle biplace, poignées et
repose-pieds. Donc pas de raison de paniquer en cas de contrôle. Nous choisissons les modèles en fonction de la mode, c’est à dire ceux que les jeunes vont acheter majoritairement chez Peugeot, Piaggio, MBK. Cela nous permet de leur montrer les limites physiques de ces scooters et les dangers s’il leur venait l’idée de les débrider pour pouvoir rouler plus vite.

 

“La route est la première cause de mortalité chez les jeunes, devant le suicide et le cancer. De ce fait, la Ville a souhaité sensibiliser les jeunes sur les enjeux de la sécurité routière. Le permis AM est, pour la plupart d’entre eux, le premier diplôme de citoyen responsable. Le service Jeunesse Animation organise ce dispositif
depuis 2017, proposant une formation très complète avec, notamment, l’intervention d’institutions en lien avec la sécurité et la tranquillité publique. La satisfaction des familles, qui assistent nombreuses à la remise officielle des diplômes, est une récompense pour les acteurs qui se donnent sans compter sur l’ensemble des dispositifs destinés aux jeunes”.

Yohann Corvis, adjoint au maire délégué à la Politique de la jeunesse 

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