Suresnes comme on l’aime

juillet 2021

Depuis le 19 mai, qui marque une étape supplémentaire du troisième déconfinement en France depuis mai 2020, les contraintes sanitaires sont levées progressivement. Si cela a tout l’air d’un retour à la « vie d’avant », la prudence reste de mise.

Textes : Céline Gazagne, Stephane Legras, Thierry Wagner Photos : Mathilde Gardel, Tiphaine Lanvin, Benoit Moyen

« Que la vie reprenne ! ». Depuis le 19 mai, et avec l’accélération de la campagne de vaccination, les villes sortent doucement de la torpeur du confinement imposé depuis le 28 octobre 2020. Une majorité de Français se laissent gagner par un sentiment d’optimisme aspirant au retour à une vie normale.

Pour soutenir les restaurateurs suresnois qui ont rouvert leurs terrasses le 19 mai, la Ville a autorisé l’installation de terrasses éphémères sur la voie publique, une vingtaine à ce jour. Chaque demande est étudiée au cas par cas, car il est impératif de s’assurer du maintien de la sécurité aux abords et de la libre circulation des piétons et de l’accès pour les personnes à mobilité réduite.

Comme en 2020, la ville de Suresnes reconduit en 2021, l’exonération des droits de terrasse. Mercredi 9 juin, un nouveau pas a été franchi : les jauges dans les bibliothèques, musées et salles de spectacles ont été revues à la hausse, l’accès à l’intérieur des restaurants et cafés est autorisé, les salles de sport et les gymnases accueillent à nouveau les pratiquants, pour les sports sans contacts seulement et avec des effectifs limités.

Un peu partout, dans les marchés, les commerces, les lieux de culte, les salles de réunion, les modalités d’accueil et de distanciation sont assouplies et le couvre-feu repoussé à 23h. Un été d’insouciance prudente Prochain et dernier épisode de cette émancipation, mercredi 30 juin. Si le niveau des contaminations au coronavirus et des hospitalisations continue de se stabiliser ou de décroître, le couvre-feu sera définitivement levé et le principe des jauges sera abandonné sauf pour certains grands événements ou rassemblements.

Nous pourrons espérer, à ce moment-là, vivre un été auprès de nos familles et des personnes que l’on aime, profiter de beaux moments à rattraper le temps perdu au théâtre, au cinéma eu restaurant, au concert…

Cette insouciance devra pourtant se teinter de prudence. Jacques Léglise, directeur général de l’hôpital Foch, le rappelle «il n’y a pas encore assez d’immunité collective liée aux vaccins. On n’est pas certains qu’il ne puisse y avoir des variants dont le vaccin ne protègera pas. Il faut vraiment que les gens soient un peu raisonnables».

“ Les contraintes de ces derniers mois s’assouplissent peu à peu et nos efforts à tous sont en train de payer. C’est avec bonheur que je vois revivre les rues de Suresnes, ses commerces, ses restaurants. C’est avec espoir que je regarde chacun retrouver ses habitudes, ses loisirs et ses activités. C’est avec émotion que j’ai, moi aussi, retrouvé le chemin du théâtre de Suresnes Jean Vilar à l’occasion de sa réouverture. Il faut désormais aller de l’avant, sans baisser le masque car il est encore trop tôt, sans oublier celles et ceux qui subissent encore les effets de la crise sanitaire et économique.

Guillaume Boudy, maire de Suresnes

Rendez-vous en terrasse et en boutique

Les terrasses des cafés et restaurants ont été les stars du déconfinement à Suresnes comme partout en France. Mercredi 19 mai, malgré une météo capricieuse n’offrant que de timides éclaircies, le sourire est sur toutes les lèvres. Les commerces dits « non-essentiels » rouvrent leur porte et les bars et restaurants déplient leur matériel à l’extérieur. Les derniers réglages se font. Les enseignes retrouvent lumières et couleurs.

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Le spectacle continue

 

Le Musée d’histoire urbaine et sociale (MUS), le cinéma Le Capitole ont rouvert leurs portes dès le 19 mai. Avec succès pour ce dernier qui en cette semaine très spéciale a réalisé plus d’entrées que lors de la même semaine deux ans plus tôt (en 2020, les salles obscures étaient fermées), en accueillant 2629 spectateurs entre le 19 et le 25 mai.

 

 

 

Quelques jours plus tard, le 28 mai, l’émotion était palpable à l’occasion de la réouverture du théâtre de Suresnes Jean Vilar, avec les danseurs du conservatoire de Paris et le spectacle Forsythe/La Pladec/de Groat.

Le MUS quant à lui propose l’entrée gratuite jusqu’au 1er août et participe à la Nuit des musées le 3 juillet.

 

 

 

Vos premières émotions

Adieu les cons, d’Albert Dupontel a fait carton plein le jour de la réouverture du Capitole et visiblement, le bonheur était dans le ciné. Au théâtre Jean Vilar, on a vu des larmes de joie, des fleurs, des mots d’amour… L’émotion était palpable.

Propos recueillis les 19 et 28 mai.

 

 

“Cela fait du bien de retrouver ces moments de partage en famille, après tant de temps. On ne se rappelle même plus le titre du dernier film que nous avions vu il y a plus d’un an. “

Grégory, Antoine, Isabelle et Emma

 

 

“Nous ressentons énormément de joie et sommes heureux de ce retour, tout simplement. Nous tenions à venir dès le premier jour au Capitole, c’est un geste symbolique”.

Nadine, Nadine et Philippe

 

 

 

“J’y vois un début de retour à une vie normale, même si porter le masque est un peu pénible. J’étais frustrée car je vais énormément au cinéma. Il était donc évident que j’y retourne dès le premier jour.”

Véronique

 

“J’ai pleuré à la fin, je ne pensais pas être ému à ce point. On a été privé tellement longtemps de public. Cela fait du bien de jouer devant un public. L’émotion est venue toute seule, ce qui ne trompe pas.”

Mattéo, danseur

 

 

 

“On est content d’être au théâtre et j’aime bien la danse.”

Raphaël…

…et Flore :quand je serai grande, je ferai des spectacles de danse, c’est moi qui serai sur la scène !”

 

 

“Je suis émue, ça me met en joie et ça me donne envie de futur.”

Carolyn, secrétaire générale du Théâtre de Suresnes Jean Vilar

 

 

 

“C’est beaucoup de bonheur, de sincérité, j’ai trouvé ces moments très touchants. C’est fabuleux, elle en avait besoin, nous en avions tous besoin. Nous sommes tous très heureux.”

Quentin, amoureux d’une des danseuses

 

Il va y avoir du sport, enfin !

L’assouplissement des règles sanitaires a d’abord concerné, le 19 mai, les sports de plein air et sans contacts, les publics prioritaires et les scolaires pour les établissements couverts. A compter du 9 juin, les sports avec contacts en plein air sont autorisés pour tous ; à l’intérieur, seules les activités avec contacts devront attendre le 30 juin. Quant aux spectateurs des événements sportifs, ils ont pu retrouver les gradins dans la limite de 65% des places.

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Et depuis…

◗ Fin complète du couvre-feu.

◗ Fin des jauges dans les restaurants, lieux de culture et salles de sport et réouverture de tous les établissements.

◗ Autorisation des événements de plus de 1000 personnes à l’extérieur en respectant les gestes barrières.

◗ Pour les festivals de plein air assis, la jauge est définie par le préfet en fonction des circonstances locales et du respect des mesures barrière et de distanciation (hors sièges). Un passe sanitaire est exigé au-delà de 1 000 personnes.

◗ Pour le sport, la jauge est définie par le préfet en fonction des circonstances locales et du respect des mesures barrière et de distanciation (hors sièges). Un passe sanitaire est exigé au-delà de 1 000 personnes.

◗ La limite des jauges s’adapte en fonction de la situation sanitaire du territoire

◗ Les discothèques restent fermées. Les obligations sur le port du masque n’ont pas changé et aucun changement n’a encore été annoncé.

Eclaircie à Foch

Entre sortie de crise et suivi des Covid longs, l’hôpital Foch invite à la prudence. Le point sur la situation de l’établissement hospitalier suresnois avec son directeur Jacques Léglise.

Ce 19 mai, le bulletin de santé de l’hôpital Foch était au diapason du bulletin météo de tous les Franciliens en quête d’une terrasse : ciel couvert et espoir d’éclaircie pour bientôt. Ne pas se séparer de son parapluie.

Jacques Léglise, son directeur général, confirme que l’hôpital sort petit à petit du fonctionnement de crise et ferme progressivement des lits qui avaient été ouverts pour le Covid. Il ne compte plus qu’une dizaine de patients dits intermédiaires, hospitalisés pour Covid-19 mais pas en soins critiques.

« Nous avons encore une dizaine de patients hospitalisés dans des lits de soins critiques mais ce ne sont pas de nouveaux entrants. Il faut parfois trois semaines pour que les personnes sortent du circuit de réanimation », précise Jacques Léglise qui constate depuis début mai une forte décrue des patients covid hospitalisés en Région parisienne. A Foch, ils représentent moins de 10 % des arrivées aux urgences. L’hôpital est entré dans le suivi des covid longs.

Reprise de l’activité normale ?

L’hôpital fonctionne toujours avec 40 % de déprogrammation des soins considérés comme « non urgents» et le retour à la normale n’est pas prévu tout de suite. La principale problématique est à présent de gérer l’état de fatigue du personnel, particulièrement celui des services de réanimation, d’anesthésie et de salle de réveil, qui a du affronter à quelques mois d’intervalle la deuxième et la troisième vague.

« Ils sont sur le pont depuis près d’un an et demi. Seuls les mois d’été 2020 ont été des vrais mois de répit», complète le directeur général. L’hôpital va donc reprendre très progressivement un fonctionnement normal le temps de permettre à chacun de prendre un peu de congés et de rattraper les retards. Que pensent les soignants quand ils observent les terrasses prises d’assaut, parfois au-delà des mesures de prévention?

« Le conseil, c’est de ne pas abandonner les gestes barrières. Aujourd’hui, il n’y a pas encore assez d’immunité collective liée aux vaccins. On n’est pas certains qu’il ne puisse y avoir des variants dont le vaccin ne protègera pas. Si on se relâche comme l’été dernier, que l’on ne se protège plus du jour au lendemain, il va se repasser la même chose qu’en 2020, c’est-à-dire que, dans deux mois, on repart sur une nouvelle vague et ce sera pendant l’été, avec des effectifs réduits à l’hôpital. Il faut vraiment que les gens soient un peu raisonnables», conclut Jacques Léglise.

Recherches sur le Covid long

Chez une minorité de malades, un ou plusieurs symptômes persistent au-delà de quatre semaines après l’infection au SARS-CoV-2, voire beaucoup plus longtemps. Touchant en majorité des femmes, autour de 40 ans en moyenne, sans surreprésentation de cas de surpoids ou de comorbidité, cette forme longue pourrait être liée à un dérèglement du système nerveux autonome.

Le médecin du sport Nicolas Barizien, chef du service de Médecine physique de l’hôpital Foch, a observé des similitudes entre la dysautonomie qu’il rencontre chez des sportifs de haut niveau s’entraînant en manque d’oxygène dont le système de régulation se dérègle et ces patients atteints de covid longs. L’hôpital a mis en place une action coordonnée entre plusieurs services (pneumologie, médecine physique et réadaptation, ORL) pour diagnostiquer et prendre en charge ces cas.

Le président de la République, Emmanuel Macron et le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran sont venus s’entretenir avec les patients et les équipes de ces services le 22 avril.

© Soazig de la Moissonniere / Présidence de la République

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