CONSTRUIRE ENSEMBLE

juillet 2021

Mairie mobile, contrat de mandat, concertations, budget participatif et évolution des Conseils consultatifs de quartier (CCQ) et du Conseil économique, social et environnemental de Suresnes (CESES), la démocratie participative est en pleine métamorphose. Objectifs : la structurer, la vivifier et l’enraciner.

« Faire avec les Suresnois ». Le maire Guillaume Boudy place la participation et la concertation au coeur de l’action de la municipalité. « C’est une nouvelle façon de faire de la politique, fondée sur la confiance, le lien avec les habitants, l’évaluation, explique-t-il. C’est aussi avec les Suresnois que commence, à la rentrée, notre démarche Construisons le Suresnes de demain. C’est le début d’une réflexion sur le Suresnes que nous voulons à l’orée de 2040, en termes de mobilités, d’urbanisme, d’habitat… »
Les outils pour renforcer le lien et les échanges avec la population existent et la Ville s’emploie à les mettre en oeuvre depuis septembre dernier : la mairie mobile* permet aux Suresnois de rencontrer les élus, chaque semaine et dans tous les quartiers. Le contrat de mandat et son baromètre de suivi présentent et permettent de vérifier la réalisation des engagements de la municipalité pour ce mandat. La mairie mobile comme le contrat de mandat sont autant de moyens d’expliquer, de partager, de rendre compte.

Concertation et participation
Depuis plusieurs mois, les Suresnois sont aussi associés, sollicités et écoutés pour co-construire des projets et leur conférer ainsi la meilleure pertinence possible. Dès l’automne dernier, les Conseils consultatifs de quartier (CCQ) mais aussi des associations, des professionnels, des commerçants et des citoyens volontaires ont été associés à la conception du Plan vélo pour lequel tous les Suresnois avaient été appelés, à travers un questionnaire et des ateliers, à s’exprimer sur leurs usages et à donner leur avis sur le vélo et les mobilités. Plus de 1 700 Suresnois ont répondu au questionnaire en ligne. Cette première grande concertation à l’échelle de la ville a abouti au Plan vélo qui a été approuvé par le Conseil municipal le 1er juillet et dont la mise en oeuvre débutera au plus vite.
Plus localement, des concertations ont été menées ou sont en cours dans les quartiers pour co-construire des projets que les habitants s’approprieront d’autant mieux qu’ils en auront été partie prenante. Les Suresnois ont ainsi pu donner leur avis sur le réaménagement du square Gardenat-Lapostol, sur la création d’un équipement de street work out (sport de rue) à la Cité-jardins. En Centre-ville, les habitants riverains sont invités à contribuer à l’élaboration des réaménagements de l’avenue Charles de Gaulle qui interviendront après la démolition de la passerelle qui l’enjambe.

Pour la première fois, tous les Suresnois ont pu proposer et voter pour des projets pour la ville et leurs quartiers dans le cadre du Budget participatif. Enfin, soucieuse à la fois de structurer, d’enraciner et de vivifier cette démarche participative, la municipalité a engagé une réflexion pour faire évoluer les CCQ et le Conseil économique, social et environnemental (CESES) vers plus de diversité, plus de représentativité et redéfinir leurs ambitions.

 

*La mairie mobile fait une pause pour l’été. Les élus donnent rendez-vous aux Suresnois à la rentrée.

Les élues de la démocratie participative à Suresnes : Isabelle de Crécy, adjointe au maire et Perrine Coupry, conseillère municipale.

3 QUESTIONS A
ISABELLE DE CRECY,
adjointe au maire déléguée à l’Information, la Démocratie participative et la Communication

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision de la démocratie participative ?
C’est d’abord l’idée qu’il n’y pas d’un côté les sachants, que sont les élus et les services de la Ville, et de l’autre les habitants non-sachants. La démocratie participative se doit d’être souple, ouverte et bienveillante. C’est une forme de partage qui implique les habitants dans la conception des actions publiques. Ses objectifs sont pluriels : transmettre les informations aux habitants certes, mais surtout connaître leur expertise d’usage et comprendre leurs attentes. Cela peut aussi contribuer à améliorer le vivre ensemble, faire émerger un dialogue constructif entre les élus, l’administration et les citoyens. Nous n’allons pas tout révolutionner en quelques mois : cela demande du temps et nous le prendrons. Pour cela nous avons déjà mis en place des outils de concertation et de co-construction et bientôt les CCQ et le CESES « nouvelle formule », et d’ici 2022 une plateforme participative qui devrait permettre à chacun de partager des propositions mais qui sera aussi un espace d’échanges, de dialogue et de co-construction. Je remercie sincèrement le service Démocratie participative pour son travail et son engagement tout au long de cette année.

Dans quelle direction avez-vous souhaité faire évoluer les CCQ et le CESES ?
Suresnes est très fière de ses CCQ et de son CESES car la création de ces assemblées n’est obligatoire que pour les villes de plus de 80 000 habitants. Elles existent à Suresnes depuis 2002 et il nous semble que le moment est venu de les faire évoluer vers plus de diversité et plus de représentativité mais aussi de leur redonner du sens et des objectifs. Réflexion que nous avons menée tout au long de l’année avec les CCQ que je remercie d’avoir joué le jeu. La démocratie participative est un axe fort et transversal de notre contrat de mandat et chacune de ces instances doit pouvoir tenir pleinement son rôle dans la réalisation des actions de ce contrat.

Quel regard portez-vous sur la première expérience de Budget participatif ?
C’est un exemple très concret de participation, où la Ville délègue une partie de son budget aux habitants, qui peuvent véritablement proposer et choisir comment utiliser l’argent public. La forte participation avec 565 projets déposés et 20 923 votes, montre l’intérêt porté par les Suresnois pour cette démarche et nous donne envie d’aller plus loin encore. Ce Budget participatif a été une formidable occasion de pédagogie auprès des Suresnois : comment la Ville choisit, définit, élabore et finance les projets. Les habitants ont été associés et cela change la relation entre les élus, les services et les Suresnois. Nous reconduirons le Budget participatif en 2022 en le faisant certainement évoluer après avoir tiré les enseignements de cette première édition.

 

C’est une très belle première expérience de Budget participatif qui a permis d’associer en bonne entente les Suresnoises et les Suresnois, les élus et les services de la Ville. Cette initiative qui s’inscrit dans la droite ligne de notre engagement à faire participer les habitants a rencontré leur adhésion, les chiffres de participation en témoignent. Maintenant, nous allons prendre du recul et préparer une deuxième édition pour l’année prochaine. Perrine Coupry, conseillère municipale à la Démocratie participative

Des instances participatives “nouvelle formule”

C’était un objectif majeur de l’année en matière de démocratie participative  : travailler sur l’évolution de ses instances : les six Conseils consultatifs de quartier (CCQ) et le Conseil économique, social et environnemental de Suresnes (CESES).
Défi relevé : depuis la rentrée de septembre 2020, et ce malgré un contexte semé d’embûches
(confinements, réunions en visio, etc.), la Ville, les membres des CCQ et les élus concernés – les 6 élus présidents et présidentes de CCQ, les élues à la démocratie participative Isabelle de Crécy et Perrine Coupry, ont réfléchi et travaillé ensemble pour aboutir à des propositions d’évolution.

Réformer les CCQ pour plus d’efficacité et de lisibilité
Ainsi à la rentrée 2021, les CCQ, après presque 20 ans d’existence verront leur fonctionnement et leur composition renouvelés. Les différents groupes de travail ont analysé les forces et faiblesses et identifié trois enjeux, devenus par la suite des objectifs d’évolution :

◗ un enjeu de représentativité et de diversité des membres : ouvrir davantage les CCQ sur leurs quartiers en veillant à la représentation de tous les habitants ;
◗ un enjeu de visibilité et d’ancrage local : renforcer la visibilité auprès des habitants de chaque quartier ;
◗ un enjeu d’efficacité dans la conduite des projets pour aboutir à des réalisations concrètes.
Ainsi transformés, les CCQ pourront s’inscrire pleinement dans la mise en oeuvre du contrat de mandat de la municipalité qui s’appuie sur une forte volonté d’associer la population par le biais de la démocratie participative, de la concertation et la co-construction.

Le CESES, cercle de réflexion et de prospective
Le Conseil économique, social et environnemental de Suresnes deviendra également un véritable lieu de prospective. C’est un groupe de citoyens avec qui les élus et les services échangeront, à qui ils pourront confier des études, des analyses et des benchmarks. La réflexion du CESES portera sur des thématiques précises : notamment les mobilités, la création d’un tiers lieu, la mise en valeur du patrimoine, le réaménagement de l’entrée de ville, la réappropriation de la Seine, la stratégie urbaine, le guichet unique… Avec 40 membres répartis en quatre collèges, le CESES agira comme un think tank. Cette assemblée sera représentative de la société civile. Elle tirera sa légitimité de l’ancrage local de ses participants.
Il se réunira pour la première fois à la rentrée.

Franck Liquito, Sonia Demeaux et Emmanuel Grégoire ont participé aux ateliers sur l’évolution des CCQ.

ILS EN PARLENT

« Porter des projets que la Ville pourrait adopter »,
Sonia Demeaux, membre du CCQ Ecluse-Belvedere
« Je participe activement aux ateliers sur l’évolution des conseils consultatifs de quartier car j’estime que ces derniers peuvent avoir vraiment un rôle participatif plus que consultatif. J’espère d’ailleurs que l’on changera également leur appellation. Les CCQ, par leur connaissance de la réalité des quartiers, sont à même de porter des projets que la Ville pourrait adopter ».

« Mettre les Suresnois au coeur des projets »,
Emmanuel Grégoire, membre du CCQ Cité-jardins
« Le CCQ est une instance qui permet d’être actif dans la ville de façon concrète. Il permet de rencontrer des personnes motivées et de les fédérer pour faire bouger le quartier. Cette année, les membres des CCQ se sont mobilisés pour le Budget participatif en allant à la rencontre des Suresnois, pour présenter et promouvoir ce dispositif et par la suite pour étudier les propositions des habitants. C’était une belle action confiée au CCQ. Avec ces réflexions sur l’évolution des conseils de quartier, nous sommes nombreux à espérer qu’ils seront plus participatifs. C’est une super opportunité de mettre les Suresnois au coeur des projets qui les concernent. »

« Etre encore plus utiles »,
Franck Liquito, membre du CCQ Ecluse-Belvédère
« Je suis totalement en accord avec cette évolution car j’ai le sentiment que les CCQ peuvent être encore plus utiles qu’ils ne le sont, et de manière plus concrète. Déjà cette année, notre rôle a été renforcé : nous avons été sollicités pour travailler sur le Plan vélo et les mobilités, pour communiquer sur le Budget participatif et travailler sur les projets proposés. En tant qu’habitant nous avons une connaissance concrète des problématiques de quartier et nous sommes capables de faire des propositions constructives, tout en faisant la part des choses entre ce qui est réalisable ou non. »

 

« Le CCQ nous permet de voir ensemble, habitants et acteurs locaux, comment améliorer le cadre de vie quotidien des Suresnois. Il est le relais des propositions des habitants. Ce sont eux qui connaissent le mieux leur quartier. C’est une formidable opportunité pour nous, élus locaux, d’informer, d’expliquer mais aussi d’écouter les besoins et les avis des citoyens. »
Yoann Lamarque, président du CCQ Mont-Valérien

 

« Grâce à cette présidence du CCQ, j’ai le sentiment d’être en lien direct avec les Suresnois, de pouvoir échanger avec eux sur les actions municipales, qu’elles concernent la ville dans son ensemble ou qu’elles ne regardent que le quartier. Le CCQ est un excellent outil pour prendre le temps de détailler les sujets qui touchent le quotidien des Suresnois avec des personnes représentatives du quartier Ecluse-Belvédère. »
Pierre Perret, président du CCQ Ecluse-Belvédère

 

« Je me réjouis de présider un CCQ : nos réunions permettent de faire émerger des idées et de rendre possibles des propositions des habitants. Ce sont des lieux de réflexion qui permettent d’adapter les projets de la Ville en les rendant plus pertinents. Cela me permet, en tant qu’élue, de ne pas perdre de vue les attentes des habitants. »
Fréderique Laine, présidente du CCQ République

 

« Je prends à coeur mon rôle de présidente de CCQ qui consiste à faire preuve d’écoute et à faire en sorte que les membres aient envie de participer et de travailler ensemble. Je porte la voix de l’équipe municipale et du maire auprès des habitants du quartier, tout en faisant le lien avec le service Démocratie participative lorsque c’est nécessaire. Cette année, nous avons appris à nous connaître et à travailler en équipe malgré nos différences, et en visio… un vrai challenge ! »
Sandrine du Mesnil, présidente du CCQ Liberté

 

« Les CCQ sont un des lieux d’échange entre les citoyens et leurs élus qui permettent de relayer les décisions que prend la municipalité. En ce sens, le lien social, la confiance, le dialogue et la compréhension mutuelle sont renforcés. »
Bruno Jacon, président du CCQ Centre-ville

 

« Le CCQ permet d’assurer une libre et directe remontée des questions, des souhaits, des insatisfactions et des propositions d’amélioration des habitants, qui ont une expérience du quotidien. Ses membres sont un échantillon de la richesse et de la diversité des attentes et des idées des habitants du quartier mais aussi de Suresnes dans son ensemble. Ils peuvent aussi être un très bon relais de la Ville auprès d’eux. »
Valerie Barboille, présidente du CCQ Cité-jardins

 

Le budget des Suresnois

C’était dans le programme de campagne, le maire s’y était engagé, c’est très concret et c’est maintenant », se réjouit Isabelle de Crécy, adjointe au maire déléguée à la Démocratie participative.
La ville de Suresnes a choisi de placer les Suresnois au coeur de l’action publique en créant notamment le Budget participatif. Entre décembre 2020 et mai 2021, tous les Suresnois qui le souhaitaient ont ainsi pu proposer puis choisir des projets d’intérêt général sur le territoire communal. Ces projets, tout en contribuant à l’amélioration du cadre de vie, ont été l’occasion pour les Suresnois et les personnes travaillant à Suresnes de mieux connaître le fonctionnement de la collectivité. Dès cette année, chaque quartier de Suresnes bénéficie d’un budget de 15 000 euros. La Ville alloue ainsi une partie de son budget aux projets imaginés et choisis par les habitants.

En chiffres
565 projets déposés. 169 projets soumis au vote.
20 923 votes enregistrés. 27 projets lauréats.

L’idée de kits zéro déchets du CCJ gagne le coeur des Suresnois

La proposition des jeunes citoyens du Conseil communal de la Jeunesse (CCJ) de distribuer des kits zéro déchet a convaincu les Suresnois, en recueillant près de 400 votes. L’environnement est l’un des thèmes de réflexion du CCJ, et ils ont tous une conscience d’éco-citoyen déjà très aigüe. Leur message, à travers cette proposition, est simple : « On doit produire moins, jeter moins, polluer moins. C’est la seule façon de protéger la planète », explique Yasmine, 15 ans. « On doit tous se sentir concernés pour que ça marche », approuve Ritag, 12 ans.
C’est quoi un kit zéro déchet ? « Ce sont des objets essentiels et réutilisables pour éviter de jeter, surtout du plastique. On retrouve beaucoup de plastiques dans les mers et cela tue les animaux marins », détaille Ritag. Le kit peut contenir, par exemple, des pailles en métal, des éponges en tissu, des lingettes lavables, des gourdes, des savons solides, etc.
« Ce vote signifie que les gens sont d’accord avec nous et ça fait plaisir », sourit Ritag. « On se sent compris », enchérit Yasmine.
Les jeunes membres du CCJ ont fait d’autres propositions dans le cadre du Budget participatif, qui ont parfois rejoint celles d’autres habitants et que l’on retrouve dans les projets lauréats, comme les moutons pour le mont Valérien ou les nichoirs à oiseaux, projet cher à Zoé, 11 ans : « Je suis contente que l’on puisse aider les oiseaux et leur famille ».

Ritag, Zoé, Elina, Anaelle et Yasmine,
un petit mais représentatif échantillon du Conseil communal de la jeunesse.

LES PROJETS LAUREATS PAR QUARTIER

Quartier Liberté
◗ Un jardin de plantes aromatiques place Bardin
◗ Une rampe pour faciliter l’accès à la station Belvédère
◗ Des kits de jardinage pour végétaliser les pieds d’arbres
◗ Un potager perpétuel rue de la Liberté

 

 

Quartier Ecluse-Belvédère
◗ Un composteur collectif pour le quartier Ecluse-Belvédère
◗ Des ateliers sur le rire pour les personnes âgées
◗ Des plantes pour la place du Ratrait

 

 

Quartier République
◗ Un jardin citoyen au parc du Château
◗ Une séance de cinéma de plein air au parc du Château
◗ Des kits de jardinage pour végétaliser les pieds d’arbres
◗ Une charte de qualité pour les produits suresnois
◗ Des points de dépôt volontaire des sapins de Noël
◗ Des informations sur les initiatives locales
◗ Une pompe à vélo en libre-service

 

 

Quartier Cité-jardins
◗ Un vide-greniers pour le marché Caron
◗ Des tables de jeu d’échecs en plein air au square Léon Bourgeois
◗ Des plantes sur la place du marché Caron

 

 

Quartier Centre-ville
◗ Des événements musicaux en centre-ville
◗ Des plantes sur l’esplanade Jacques Chirac

 

 

 

 

Quartier Mont-Valérien

◗ Des moutons pour le Mont-Valérien
◗ Des tables de pique-nique sur la terrasse du Fécheray
◗ Une séance de cinéma en plein air sur la terrasse du Fécheray

 

 

 

Des projets pour tout Suresnes

Des kits zéro déchet pour les Suresnois. Avec 372 voix, c’est le projet vedette du Budget participatif. Portée par les plus jeunes, à savoir les membres du CCJ, cette proposition permettra de mettre à disposition des habitants des produits réutilisables, compostables et recyclables, indispensables au

quotidien, afin de réduire notre impact environnemental, éliminer le plastique et adopter des habitudes de consommation respectueuses.
Des nichoirs pour les oiseaux
Des hôtels pour les insectes
Des bons d’achat pour soutenir les commerçants.

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