La nature n’attend pas le déconfinement

avril 2020

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Depuis le 17 mars, la police municipale a procédé à la fermeture de tous les parcs et aires de jeux de la ville. Les jardiniers du service Parcs et jardins de la mairie ne restent pas pour autant inactifs.

Texte Thierry Wagner

« La nature n’attend pas », scande Thierry Giard, qui dirige le service Parcs et jardins de Suresnes, dont 20 personnes sur le terrain, été comme hiver. Et, en effet, ça pousse dans les serres municipales installées sur les pentes du mont Valérien. Les plantes qui y croissent au calme se préparent à fleurir les rues de la ville selon le calendrier habituel, au mois de mai. Autant dire que les équipes surveillent de près les annonces du gouvernement relatives au déconfinement progressif.

La première préoccupation lors de la mise en place des mesures de confinement a concerné la volière du parc du château, où paons, faisans, poules et autres volatiles doivent être régulièrement nourries et abreuvées. Un agent du service y passe tous les deux jours, avec une attention particulière pour le paon qui a perdu sa femelle il y a quelques semaines. On ne sait encore si elle sera prochainement remplacée, mais des dons et des échanges sont fréquents entre la Ville et le Jardin d’acclimatation de Paris pour éviter la consanguinité dans leurs volières respectives.

Dans les serres, des centaines de godets et de jardinières font l’objet d’un arrosage et d’une surveillance attentifs. « Il s’agit de godets en tourbe de 9 cm comportant au départ des micro-mottes d’un ou deux centimètres qui grandissent dans nos serres. Ainsi, nous n’utilisons pas de godets en plastique et la moitié des végétaux destinés aux plantations de l’été en ville est cultivée par le service, » précise Thierry Giard. Deux agents travaillent aux serres en ce moment, notamment pour les opérations de rempotage, chacun à une table, à bonne distance l’un de l’autre. Prévention Covid oblige.

Le service doit aussi veiller à ne pas laisser dépérir les arbres et plantes des 42 hectares de parcs et jardins publics de la ville. En avril, les dispositifs d’arrosage automatique, mis en hivernage pour ne pas être endommagés par le gel, ont été remis en service.

C’est le cas aussi pour l’alimentation en eau des jardins familiaux de la Cité-jardins et le long de la station de tramway Belvédère, et celle des fontaines de la ville. Une équipe d’arrosage intervient aux points ne disposant pas d’arrosage automatisé, particulièrement sur les derniers aménagements créés cette année, comme ceux par exemple des rues Rouget-de-L ’Isle et Emile Duclaux, ou les gros bacs de l’esplanade Jacques Chirac.

Bientôt les tontes

Le mois de mai annonce habituellement le démarrage de toutes les tontes de pelouses des parcs et jardins de la ville.  Avec la douceur et l’ensoleillement de ces dernières semaines, l’herbe a bien poussé et les jardiniers estiment qu’ils auraient dû commencer en avril cette année.

Rattraper le temps va être compliqué pour les 4 équipes de jardiniers qui opèrent en temps normal sur la ville, car le désherbage manuel des rues n’a pas pu être entrepris depuis le 15 mars et ils devront sans tarder assurer le fleurissement des massifs et jardinières permanentes en plus de l’installation en ville d’une centaine de jardinières de barrière.

Seul bénéfice du confinement pour le service municipal, la fermeture au public du parc du Château a permis des interventions de mise en sécurité de certains arbres. « Une étude commanditée par la ville sur le patrimoine arboré à fait apparaître une fragilité de certains arbres du parc du Château. Nous profitons de la fermeture du parc pour réaliser les travaux d’élagage et de sécurité sur les arbres, » explique Stéphane Perrin-Bidan, adjoint au maire délégué à la Qualité de l’environnement et aux Parcs et jardins.

Les spécialistes avancent que les conditions climatiques nouvelles et le manque de pluie pourraient être à l’origine de casses de branches sur des individus a priori sains, sans symptômes ni attaques d’insectes ou de parasites, de maladies ou de champignons. « Une partie d’un érable ou d’un marronnier se dessèche et devient cassante. C’est un phénomène nouveau pour lequel nous n’avons pas encore l’explication fiable » ajoute Thierry Giard.

Certains arbres ont été taillés selon les préconisations de l’étude, d’autres, jugés dangereux, ont été abattus, n’en conservant que la souche pour favoriser l’écosystème du parc. « Les hivers n’étant pas très froids depuis plusieurs années, les arbres ne bénéficient plus d’une réelle période de repos. Cela peut aussi les affaiblir », expose Stéphane Perrin-Bidan.

L’entreprise d’élagage est aussi intervenue sur deux paulownias de la place Stalingrad attaqués par des champignons à leur pied. L’un a été taillé pour être mis en sécurité, l’autre a été abattu. Il sera remplacé à l’automne, plus propice à la bonne implantation de nouveaux spécimens.

« Les jardiniers de la ville se sont adaptés à la situation en gérant les priorités et en préparant la fin du confinement dans nos serres pour que la ville de Suresnes soit belle dès le mois de mai, et donner un sourire à ceux que le covid-19 a touchés, résume Stéphane Perrin-Bidan. Mais je sais qu’ils sont impatients de pouvoir retravailler au grand air. »

 

 

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